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Publicité d’avocat : ce que le RIN permet, Google Ads compris
Par Jeremy Damamme · Publié le 27 octobre 2026
En bref
Depuis 2014, la publicité et la sollicitation personnalisée sont permises aux avocats si elles donnent une information sincère et respectent les principes essentiels de la profession (article 10 du RIN). Google Ads est autorisé, à condition que les annonces correspondent à une activité et une compétence réelles. Toute publicité doit être communiquée sans délai au conseil de l’Ordre.
| Pratique | Permis ? | Condition ou motif |
|---|---|---|
| Annonces Google Ads (liens sponsorisés) | Oui | Correspondre à une activité et une compétence avérées du cabinet |
| Sollicitation personnalisée par email ou courrier | Oui | Préciser comment le coût de la prestation sera fixé |
| Démarchage physique, par téléphone ou par SMS | Non | Exclu par l’article 10.3 |
| Mot « spécialiste » | Sous condition | Seulement avec un certificat de spécialisation |
| Mention comparative ou dénigrante | Non | Article 10.2 |
| Nom de domaine générique (avocat-divorce.fr) | Non | Article 10.5 : le nom de l’avocat ou du cabinet doit y figurer |
| Liens vers des commentaires élogieux de clients | Non | Avis du CNB n° 2015-019 |
| Annuaires et sites de référencement | Oui | Mentions obligatoires, dont le barreau d’inscription |
La règle : informer sincèrement, et le déclarer
L’article 10.3 du règlement intérieur national (RIN) pose le principe : « La publicité et la sollicitation personnalisée sont permises à l’avocat si elles procurent une information sincère sur la nature des prestations de services proposées et si leur mise en œuvre respecte les principes essentiels de la profession. »
Toute communication doit permettre de vous identifier (article 10.2) :
- votre qualité d’avocat et votre nom ou celui du cabinet ;
- votre adresse et un moyen de vous joindre ;
- le barreau auquel vous êtes inscrit ;
- la structure d’exercice et, le cas échéant, le réseau dont vous êtes membre.
Enfin, toute publicité doit être communiquée sans délai au conseil de l’Ordre, tout comme l’ouverture ou la modification importante d’un site internet.
Ce qui reste interdit
- La publicité mensongère ou trompeuse, et toute mention comparative ou dénigrante.
- Les mots « spécialiste », « spécialisé », « spécialité » ou « spécialisation » sans certificat de spécialisation régulièrement obtenu.
- Plus de trois domaines d’activités dominantes, et des domaines qui ne correspondent pas à une pratique effective et habituelle.
- La référence à des fonctions sans lien avec la profession ou à des fonctions juridictionnelles.
- Le démarchage physique ou téléphonique, et les SMS, y compris par l’intermédiaire d’un tiers.
- Les noms de domaine et dénominations génériques évoquant le titre d’avocat ou un domaine du droit.
Google Ads pour un avocat : ce qu’il faut respecter
Le Conseil national des barreaux l’a tranché : l’achat de liens sponsorisés pour le référencement d’un cabinet relève de la publicité autorisée, à condition que ces liens correspondent à une activité et une compétence avérées du cabinet (avis n° 2012-032 du 11 juillet 2012, repris dans le vade-mecum de la communication des avocats). En pratique :
- Les mots clés : uniquement les domaines que vous pratiquez réellement.
- Le texte de l’annonce : votre nom ou celui du cabinet, aucune promesse de résultat, aucun superlatif comparatif, « spécialiste » seulement avec le certificat.
- La page d’arrivée : les mentions de l’article 10.2 (qualité, barreau, structure, coordonnées), et une explication claire de la façon dont les honoraires sont fixés.
- La déclaration : communiquez la campagne au conseil de l’Ordre.
Côté chiffres, les recherches existent : « avocat droit du travail » est tapé environ 14 800 fois par mois en France, « avocat divorce » 5 400 fois, avec des enchères de haut de page estimées entre moins de 1 € et près de 8 € selon le domaine (planificateur de mots clés Google). Le calculateur de rentabilité indique si votre honoraire moyen supporte ce coût.
Avis clients, annuaires et plateformes
- Les avis : le CNB estime qu’un avocat ne peut pas renvoyer depuis son site vers des commentaires élogieux de clients, dont ni la provenance ni l’objectivité ne peuvent être garanties (avis n° 2015-019 du 18 mai 2015).
- Les annuaires et sites de référencement sont un support de publicité comme un autre : mêmes mentions obligatoires, dont le barreau d’appartenance.
- Les sites de mise en relation sont admis lorsque la somme versée est une contribution forfaitaire aux frais du site, et non un partage d’honoraires ou la rémunération d’une intermédiation.
Le site, point d’arrivée de toute publicité
Une annonce ou une fiche d’annuaire renvoie vers votre site : c’est là que le client décide de vous appeler. Nom de domaine conforme, domaines d’activité expliqués simplement, coordonnées et prise de rendez-vous visibles. Les règles propres au site sont détaillées dans le site internet d’avocat.
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Questions fréquentes
Un avocat a-t-il le droit de faire de la publicité ?
Oui. Depuis la réforme de 2014, la publicité et la sollicitation personnalisée sont permises si elles procurent une information sincère et respectent les principes essentiels de la profession (article 10.3 du RIN).
Un avocat peut-il utiliser Google Ads ?
Oui. Pour le CNB, l’achat de liens sponsorisés relève de la publicité autorisée, à condition que les annonces correspondent à une activité et une compétence avérées du cabinet (avis n° 2012-032).
Un avocat peut-il démarcher des clients ?
Par message écrit, oui : email ou courrier, en précisant comment le coût de la prestation sera fixé. Le démarchage physique, téléphonique ou par SMS reste interdit, y compris par un tiers.
Faut-il déclarer sa publicité à l’Ordre ?
Oui. L’article 10.3 du RIN impose de communiquer toute publicité sans délai au conseil de l’Ordre, et l’article 10.5 d’informer l’Ordre de l’ouverture ou de la modification importante d’un site.
Un avocat peut-il se dire spécialiste dans une annonce ?
Seulement s’il est titulaire d’un certificat de spécialisation régulièrement obtenu et non invalidé. Sinon, il peut citer au plus trois domaines d’activités dominantes réellement pratiqués.
